Presse
Imaginez un musée, la nuit (…) vous déambulez dans les salles plongées dans la pénombre (…). Enfermés dans leur cadre depuis des siècles, évêques, princesses, héros et héroïnes, mères à l’enfant et jusqu’à Adam et Eve semblent bien décidés à s’affranchir de leur immobilité éternelle (…). Estce le souvenir de leur passé ou l’envie de connaître le monde réel qui les met en mouvement ? Allez savoir. Mais une fois qu’ils ont goûté à cette liberté nouvelle, ils veulent aller plus loin : quitter le cadre et partir à la découverte du monde.
Jean-Marie Wynants, Le Soir / décembre 2024
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Judith, Salomé, Adam et Eve, Vénus, portrait de jeune fille ou de femme et d’autres tableaux célèbres sont littéralement découpés et mis en lumière dans un dispositif scénique original à trous. Fenêtres ou portes découpées dans une toile noire taillée en biseaux, referment la focale sur un détail, une gorge offerte, un visage inquiet, des mains lisant une Bible.
La perfection des costumes, des coiffures et des maquillages renforce l’illusion d’optique et nous plonge instantanément dans l’univers Renaissance du portraitiste et de ses modèles. Rien d’étonnant à ce que le spectacle ait tourné pendant 25 ans après sa création tant il permet de s’immerger dans un univers pictural baroque et foisonnant, ambigu et intense.
Delphine Goater, ResMusica / février 2025
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Trois décennies après [Les dernières hallucinations de Lucas Cranach l’Ancien], c’est donc une nouvelle génération d’acteurs qui s’empare de l’univers du peintre. Des comédiens qui incarnent avec une grande précision chaque frisson qui traverse ces séquences d’images vivantes. Toutes les sensations sont transmises par leurs corps dans un jeu d’une grande technique et d’une extraordinaire poésie.(…)
Dans ces tableaux, ce ne sont pas que des corps, chaque parcelle de peau devient un signe porteur de sens. L’image a un rythme, une pensée, un élan. Si le peintre l’a créée et que le théâtre lui a donné du mouvement, elle conserve toute son autonomie, elle devient vivante. Et de tableaux en tableaux, le spectateur voyage entre les intensités. Dans chaque cadre, l’action est précise et nous absorbe. Les figures rentrent en mouvement dans une danse hypnotisante qui touchera de façon unique chaque spectateur.
Louis Thiébaut, RTBF.be / décembre 2024
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Les nouvelles hallucinations de Lucas Cranach l’Ancien conservent cette atmosphère dominée par l’humour, l’érotisme et le mystère de la présence des personnages. (…)Le spectacle d’une esthétique remarquable joue sur le contraste entre la lumière et le noir, les axes et angles de vue, avec une vie qui se devine hors cadre, les attitudes, les postures des personnages.(…) Les danseuses et le danseur – Dorian Chavez, Colline Libon, Lenka Luptáková, Frauke Mariën et Eléonore Valère-Lachky – brillent par la précision et l’intensité de leur interprétation.
Didier Béclard, Le Suricate / décembre 2024
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Les Nouvelles hallucinations de Lucas Cranach l’Ancien, avec son petit théâtre des illusions, reconduit tout le mystère des images, dans ce moment entre chien et loup où les certitudes vacillent, où plus rien n’est assuré. En 1988, alors qu’ils sont en tournée à Londres, Nicole Mossoux et Patrick Bonté découvraient le portrait d’une petite princesse à la National Gallery. Troublés par l’ambiguïté du personnage qui émanait de ce tableau peint par Cranach, ils en firent un spectacle. Aujourd’hui encore, cette version réécrite et réarrangée 30 ans plus tard n’a pas pris une ride et garde tout son mystère et sa beauté onirique.
Filip Forestier, À voir et à danser / février 2025
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(…)Car toute pièce des Mossoux-Bonté fonctionne comme une machine de vision pour faire référence à Paul Virilio, mais piégée. Elle tient toujours de cet objet clair et obscur, singulier, vénéneux qui introduit le regard à un abîme d’autant plus inquiétant que ce dernier ne se dévoile qu’avec lenteur et ces Nouvelles Hallucinations de Lucas Cranach l’ancien (1990 ; 1991, 2000 et aujourd'hui – les quatre versions sont comparables de ce point de vue – de ces deux chorégraphes constitue un principe quasi inaugural de leur œuvre.
Philippe Verrièle, Danser canal historique / février 2025
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Il n'est pas certain que tous ses contemporains aient perçu l’aspect humoristique et érotique de la peinture de Cranach l’Ancien, qui était l'ami de Luther. Il cachait bien son jeu, que nous dévoile ce spectacle. Aussi passionnant qu’amusant, Les Nouvelles hallucinations de Lucas Cranach l’Ancien rappelle les atmosphères surréalistes de Paul Delvaux ou de René Magritte. Espérons que cette nouvelle version aura le même succès que l’ancienne. Une belle réussite qui incite à découvrir d’autres œuvres du tandem belge Mossoux-Bonté.
Mireille Davidovici, Arts-chipels / février 2025